Marie Claire Maison - 10.10.02
Pour vivre heureux, vivons groupés!
Plébiscité par les anglo-saxons, la colocation fait de plus en plus d'émules chez les français. Une manière de vivre dont le succès s'explique par les économies réalisées et la convivialité retrouvée. Rendez-vous sur le web et au café..
Sur le modèle de la série télévisée "Friends", jeunes et moins jeunes partagent de plus en plus le même appartement.
Loft de 395 m2, type NY, 5 chambres, 3 salles de bains, cuisine industrielle, salon de 200 m2. L'annonce, proposée sur un des sites Internet spécialisés, trouve preneur en quelques minutes. Car tout va désormais très vite. Venue des Etats-Unis, la colocation n’est plus en France ce mode d'habitat marginal pour adolescents attardés mais une offre immobilière sérieuse, déclinée sur le Web pour un public âgé de 20 à 50 ans. Ils seraient quelques 20 000 à Paris et occuperaient près de 10% des logements en France.
Pour humaniser la recherche, Frédéric de Bourguet, créateur du site Colocation.fr, a même lancé Le Jeudi de la Colocation, à Paris pour l'instant et bientôt dans plusieurs villes en province. Le principe : chaque premier jeudi du mois, dans un café réservé pour la soirée, on fait connaissance autour d'un verre. Etudiant souhaitant partager loyer, écrivain recherchant compagnie tranquille en soirée, réalisateur de télé souvent absent et détestant les appartements vides... il y a de tout pour faire un monde de colocataires. Les critères de sélection? Tout simple: le loyer (entre 300 et 700 euros à Paris), l’âge fumeur ou non, animal ou non. Viennent ensuite des déclinaisons plus intimes: jeune fille aimant la fête, jeune homme gay, père divorcé avec deux filles en garde alternée...
Les offres sont aussi diverses que les profits des colocataires. Ainsi, à côté du deux-pièces avec coin douche sur la rue Saint-Denis qui laisse augurer d'un charme très relatif, certaines annonces font carrément rêver. Comme cette petite usine transformée en habi-tation avec grande chambre (25 m2), bureau (12 m2) en mezzanine, salle de bains privée et petite cour dans une rue calme. Ou ce loft de 120 m2 habillé des colonnes de l'Expo universelle d'Eiffel. Et si la décoration n'est pas encore un critère décisif de choix, elle fait partie de "l’affectio colocatif", ce feeling propre aux colocataires. Tissus Laura Ashley ou mobilier du Niger, Romola, 27 ans, a appris à accepter les goûts de ses colocataires. Jusqu'à un certain point puisque, précise -t-elle, "le bail est à mon nom"!
Pour en savoir plus : www.colocation.fr. Le Jeudi de la Colocation au Blue Bayou, 111 rue Saint Maur, 75011 Paris.
Annette Vezin