60 Millions de Consommateurs - 7.4.2003
Colocation : louer plus grand à petit prix
Solution économique pour trouver un logement, la colocation
est en plein essor.
"Avec mon salaire, louer une maison est hors de portée. J'ai donc décidé de m'installer en colocation. En divisant
le loyer par trois, chaque colocataire paiera 355 euros par mois. Nous aurons chacun notre chambre et pour les parties communes, un grand salon et
une cuisine spacieuse", raconte Lionel, 27 ans, qui va emménager dans une maison à Noisy le Sec, à 5 minutes du RER.
Partager un grand logement pour
réduire le coût du loyer : le concept est en vogue, imposé par la pénurie.
Les professionnels estiment que 6 à 10% des logements seraient occupés de cette façon. Généralement, les colocataires sont des amis qui n'ont pas d'autre
choix que de partager le même logement. Il arrive aussi de plus en plus qu'il s'agisse de personnes qui ne se connaissaient pas auparavant.
En témoigne le succès des Jeudis de la Colocation organisés par les fondateurs des sites
Colocation.fr et Kel-Koloc. Etudiants ou jeunes salariés, 250 à
500 candidats à la colocation se réunissent chaque premier jeudi du mois dans un café de Paris pour échanger leur offres. "Nous organisons également ce genre
de soirées à Lyon et à Marseille, une fois par trimestre, et bientôt à Rennes et à Toulouse", confie Frédéric de Bourguet,
l'animateur de ces réunions.
Qui sont ces nouveaux colocataires? "La moyenne d'âge est de 28 ans, mais nous voyons arriver de plus en plus de personnes de 35-49 ans. Divorcés, provinciaux
travaillant à Paris à la recherche d'un pied à terre pour la semaine, l'aspect économique n'est pas leur motivation première. Ils sont attirés par un autre
mode de vie, plus convivial", explique Frédéric de Bourguet. "La colocation est souvent une étape intermédiaire qui dure entre
trois et cinq ans."
De fortes contraintes
En principe, la colocation d'un logement vide est régie par la loi du 6 juillet 1989, avec
les mêmes droits et obligations qu'un bail classique. La colocation est plutôt sécurisante pour le bailleur. Celui-ci peut en effet exiger une "clause de
solidarité" qui le prémunit contre les impayés. Cette clause est assez contraignante pour les occupants. Si un colocataire ne paie plus sa quote-part, les
autres sont tenus de régler à sa place, quitte à ser retouner contre lui.
De même, si un colocataire donne son congé, il reste tenu au paiement du loyer et
des charges jusqu'au terme du bail (trois ans si le bailleur est un particulier, six ans s'il est une personne morale). La solidarité fait du colocataire
partant un garant du colocataire restant dans les lieux. En l'absence de cette clause, chaque colocataire est redevable de la totalité des loyers et charges,
mais si l'un d'entre eux donne son congé, il est libéré de cette obligation et le bail se poursuit normalement avec les autres.
La caution solidaire
Autre chausse-trappe : la caution solidaire des parents, souvent exigée des bailleurs lorsqu'ils
logent des étudiants. Dans ce cas, les parents s'engagent à payer la totalité des loyers et des charges pour l'ensemble des colocataires. Pour le bailleur, cette
garantie est attrayante, puisqu'il peut se retourner vers la caution de son choix à la moindre défaillance d'un des colocataires.
De leur coté, les parents
ont tout intérêt à essayer de l'éviter en demandant une caution simple, limitant leur engagement à la quote-part de leur enfant et pour une durée déterminée
correspondant à celle du bail. Mais attention : pour être en règle, tous les colocataires doivent figurer au bail, ou du moins être autorisés à vivre dans
le logement par le propriétaire. Si celui-ci s'aperçoit que son logement est coloué à des personnes non déclarées, il peut aller jusqu'à résilier le bail.
Ou s'adresser
www.colocation.fr,
www.kel-koloc.com,
Le Jeudi de la Colocation, 7 euros l'entrée chaque premier jeudi du mois, infoline : 0.892.23.15.15
Béatrice Monnet