France Soir - 10.7.2002

Ch. chambre à louer

Casse-tête. Pour des milliers de nouveaux étudiants, il faut maintenant se loger


Enfin étudiant : le rêve! Pour une majorité de nouveaux bacheliers, l’obtention du sésame rime souvent avec indépendance. Désir d’éviter des transports à rallonge ou soif d’autonomie, 60% des étudiants décident de quitter le nid familial.
Une initiative saluée par l’Observatoire de la vie étudiante qui souligne un taux de réussite plus fort chez les "expatriés". Le hic, c’est que la recherche d’un nouveau chez soi ne va pas sans embûches. Premier obstacle, qui dit étudiant, dit problèmes d’argent. Comment trouver la somme pour payer un loyer exorbitant et une caution ?

Les propriétaires sont réticents à confier leur bien aux moins de 25 ans.

Autre souci, les propriétaires sont réticents à confier leur bien aux moins de 25 ans, dont ils craignent les débordements festifs et les dégradations éventuelles. Si l’idée d’habiter une chambre de bonne de 10 m2 vétuste au 7e étage sans ascenseur vous angoisse, d’autres solutions existent. Foyers d’étudiants, résidences universitaires ou résidences privées, plusieurs organismes mettent des chambres à la disposition des universitaires ou élèves de prépas.
Certains offices HLM réservent aussi quelques appartements aux étudiants. Autre solution, la colocation. Le partage de logement version Friends ne manque pas de charme, à condition d’aimer la vie en communauté. Suivez le guide.

Colocation, mode d'emploi

Logements aux loyers exorbitants ou interminables files d’attente devant de minuscules studios au 7e étage sans ascenseur : pour les étudiants, trouver un appartement relève du parcours du combattant. Dans cette jungle de l’habitat, les 18-25 ans sont de plus en plus nombreux à choisir la colocation. "Un 100 m2 à trois revient 10 à 20% moins cher qu’un studio de 20 m2 seul", explique Frédéric de Bourguet, fondateur de Colocation.fr. France Soir vous livre ses recettes pour partager son toit en toute sérénité.

Où trouver son colocataire ?

Pour ceux qui ne souhaitent pas cohabiter avec leurs amis, d’autres solutions existent. Première méthode : les petites annonces. Le fameux "Etudiante partagerait appartement" n’a pas dit son dernier mot. Hormis les traditionnelles annonces dans les journaux, des sites Internet sont consacrés à la colocation. Colocation.fr ou Kel-Koloc permettent de trouver un colocataire en un clic. Pour ceux qui préfèrent connaître avant de s’engager, Le Jeudi de la colocation donne l'occasion de rencontrer d'autres aspirants colocataires (lire encadré ci-contre).

Comment éviter les embrouilles ?

Pour rassurer les propriétaires, dont les poils se hérissent à l’idée de la colocation, et pour prévenir tout problème avec vos acolytes, des précautions s’imposent. Premier conseil, le bail doit être établi au nom de chaque colocataire. Mieux vaut y prévoir une clause de solidarité, sans laquelle chacun est tenu au paiement de l’intégralité du loyer. Même chose pour la caution, qui peut-être répartie entre tous les habitants. Ne pas oublier que, même en colocation, les étudiants ont droit à des aides au logement (Loca’pass, APL, ALS...).

Comment bien vivre sa colocation ?

"Il est déconseillé de s’installer avec son meilleur ami. Les compromis sont plus faciles avec un inconnu", note Frédéric de Bourguet. De la répartition des tâches à l’achat commun de produits ménagers, pour éviter les ambiances à couteau tiré, mieux vaut mettre en place à l’avance des règles de cohabitation.

Les Jeudis des rencontres utiles

Envie de trouver un colocataire sans prendre le risque de vous brouiller à vie avec votre meilleur ami ou de tomber sur un psychopathe en puissance ? Le Jeudi de la colocation est fait pour vous. Organisé chaque premier jeudi du mois à Paris et à Marseille, ce rendez-vous version "foire" de la colocation permet, pour 5 euros, de rencontrer des centaines de personnes désireuses de partager un appartement.

Convivialité oblige

Chaque aspirant colocataire arbore un badge indiquant ses desiderata. D’un côté, ceux qui cherchent un appartement, de l’autre ceux qui disposent déjà d’un logement mais veulent le partager. Toutes les annonces sont placardées sur un mur de la salle. Guidé par les "Coloc Angels", chacun peut se voir délivrer des conseils des experts de la colocation, du juriste au psychologue. Au cours de la soirée, on discute de ses petites habitudes, de ses goûts, on pose ses conditions, bref, on jauge les éventuels futurs colocataires. Le tout, convivialité oblige autour d’un petit verre offert par les organisateurs. L’occasion et une première prise de contact... et plus si affinités.

Pour toute information sur les prochains rendez-vous, Tél. : 0.892.23.15.15 (InfoColoc).

Habiter à Paris, c’est la galère

Fraîchement débarqués dans la capitale ou tout simplement désireux d’habiter sans papa et maman, les étudiants ont de plus en plus de mal à faire leur nid à Paris. Pas facile en effet d’être à la fois autonome et bien logé.
Pour la huitième fois en deux semaines, Anne, étudiante en DEUG, se rend une nouvelle fois au CROUS (centre régional des oeuvres universitaires et scolaires de Paris) dans le cinquième arrondissement. La jeune fille scrute péniblement le tableau des petites annonces en espérant cette fois-ci trouver quelque-chose qui lui convienne. Rien. Toutes les propositions sont ou bien trop chères ou alors ne concernent que les mois de juillet-août. "Je dois être maudite", lance-t-elle avant de claquer la porte et de sauter sur son vélo. Au premier étage de l’imposant bâtiment se trouve le service "logement en ville" qui sert de relais avec les propriétaires de chambres ou studio à louer. L’heure d’ouverture n’a pas encore sonné et déjà la file d’attente se presse le long des bureaux.
Youssef, 20 ans, est d’origine marocaine. Comme la trentaine de jeunes dans la queue, il espère trouver un logement correct pour un loyer n’excédant pas les 400 euros. "Je ne me fais pas trop d’illusions", confie-t-il. Youssef, Comme les autres, se verra proposer quatre numéros de téléphone correspondant aux offres de location de son choix. Quatre petits numéros qui bien souvent n’aboutissent à rien, chaque studio ayant une liste d’attente avec au minimum 30 personnes inscrites. Patience, jeunesse, patience...

Anne-Noémie Dorion, Stéphane Houdin et Sarah Joyeux


  

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