La colocation ou comment se
loger bien et pas cher
Parce que les loyers sont parfois trop élevés, parce que
l’on n’a pas envie de vivre seul, partager un appartement
est un moyen économique de prendre son autonomie
"JF recherche colocataire sérieuse
et sympa pour partager appartement"... Non, il ne s’agit
pas d’une proposition "douteuse" mais bien d’une petite
annonce immobilière tout ce qu’il y a de plus correct! Autrefois
spécialité des étudiants qui effectuaient à moindre frais
leurs premiers pas vers l’autonomie, la colocation s’ouvre
maintenant au reste de la population : "Les 30-49 ans s’y
mettent de plus en plus!", explique Frédéric de Bourguet,
fondateur de Colocation.fr. Au-delà de l’aspect financier
évident (pour certains c’est l’unique moyen d’accéder au
logement), la colocation permet de bénéficier d’un cadre
de vie agréable, en partageant les frais d’un grand logement.
Colocataires, Martine, chargée de communication et Estelle,
professeur de français partagent le même appartement depuis
sept mois maintenant. Une vraie réussite !
Quand on y a goûté,
difficile de s’en passer !
Marseille, quartier de La Plaine… Quatrième étage sans ascenseur,
bleu ou vert pour les chambres, jaune pour le salon et rouge
pour le sol (tommettes obligent) et une "vue sur la mer
si vous vous penchez par la fenêtre de la cuisine". Ambiance
"récup-branché", vous êtes chez Martine et Estelle, deux
"coloc", tout juste trentenaires: "110 mètres carrés tout
de même!".
Si c’est la troisième fois qu’Estelle partage son appartement,
Martine est, quant à elle, une véritable spécialiste: "Je
vis en colocation depuis que j’ai 17 ans. Une fois, j’ai
eu mon propre "appart" mais c’était vraiment trop petit…
Quand tu as connu la "coloc", tu n’y vois que des avantages."
Adaptée aux changements de notre société (loyers élevés,
besoins de mobilité, mariage tardif, solitude…), la colocation
en bonne et due forme (celle dont le nom des différents
occupants figure sur le bail) reste pourtant peu répandue.
"Il est difficile de savoir où commence et où finit la colocation,
chacun a le droit d’inviter qui il veut chez lui…", confie
Bernard Helme, président de la FNAIM (Fédération nationale
des agents immobiliers) des Bouches-du-Rhône.
Des propriétaires
méfiants
"Notre propriétaire a voulu qu’on mette nos deux noms sur
le bail, ainsi, on se porte caution l’une pour l’autre…",
explique Martine. Il est vrai que la colocation fait peur
aux propriétaires. Une étude récente de l’Observatoire national
du marché locatif (ONML) éclaircit cette attitude et montre
que, dans 63% des cas, c’est la crainte de problèmes juridiques
consécutifs au départ d’un des locataires que redoutent
les bailleurs. Face à une pratique ne s’inscrivant pas dans
un cadre juridique clair (aucun texte de loi ne réglemente
en effet la situation des colocataires qui ne seraient pas
unis par les liens du mariage ou par un pacte civil de solidarité),
les propriétaires ont besoin d’être rassurés. L’argent est
souvent la solution: "Des revenus solides ou une bonne caution
solidaire font souvent l’affaire", ajoute M.- Helme.
Les personnes aux revenus plus modestes ont plus de difficultés
à convaincre les agences et optent souvent pour "la colocation
"officieuse". Dommage quand on sait qu’un bail bien élaboré
permet de cumuler les aides. "Comme on bénéficie de deux
allocations logement, "l’appart" nous revient seulement
90 euros chacun" précise Alain, étudiant en sciences politiques.
En France la colocation est une pratique en vogue mais qui
reste souvent secrète. Pas de statistiques donc mais une
certitude, l’immense majorité des anciens colocataires garde
de cette expérience, un souvenir inoubliable.
Toutes les informations
:
Internet www.colocation.fr
ou www.kel-koloc.com. Un exemple du "bail des colocataires" est disponible dans
"Le Guide de la Colocation" par Colocation.fr en commande
sur www.colocation.fr, 5,8 euros.