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La Voix du Nord -
18.2.2003
La colocation, une mode devenue un mode de vie
Partager un appartement ou une
maison, rien de mieux pour faire des rencontres. La colocation nous vient d'Outre-manche. Les pays anglo-saxons ont été
les initiateurs. La série Friends illustre ce mode de vie aujourd'hui très prisé en France, et pas seulement à Paris. Le Nord-Pas
de Calais n'est pas en reste.
Depuis la fin des années 1990, la colocation est en plein essor. Aujourd'hui elle se pratique dans toutes les
grandes métropoles françaises. Au début, pour trouver un colocataire, il fallait se débrouiller seul. Cela pouvait prendre du temps. Depuis,
plusieurs sites internet ont été créés pour faciliter les échanges.
Frédéric de Bourguet a fondé Colocation.fr en juillet 2000. "Je travaillais dans
l'immobilier et je me suis aperçu que de moins en moins de couples visitaient les grands appartements. La demande de colocation était là
mais il n'existait aucun moyen de relais pour les colocataires". Pour améliorer les contacts entre colocataires potentiels et les aider
dans leur démarche, Colocation.fr s'est associé à Kel-Koloc pour organiser
Le Jeudi de la Colocation.
Chaque premier jeudi du mois à Paris et à Lyon et tous les deux mois à Marseille,
les personnes recherchant des colocataires peuvent se rencontrer. Lors de ces rencontres sont également présents des professionnels de
l'immobilier, sociologues, juristes, assureurs, représentants de la Mairie... Vous pouvez y trouver tous les conseils que vous désirez. Bonne
nouvelle, un projet est à l'étude pour mettre sur pieds Le Jeudi de la Colocation
à Lille d'ici le deuxième trimestre 2003.
Informations pratiques
www.colocation.fr, www.kel-koloc.com. N'oubliez pas de consulter les petites annonces
des gratuits. Le Guide de la Colocation édité par Colocation.fr en vente en librairie et sur interent à 5,8 euros.
Faire des économies et éviter la solitude
La colocation s'est développée pour faire face à la crise du logement. Laure a ainsi trouvé une maison à Tourcoing pour le même prix que son
appartement dans le centre ville de Lille.
L'économie constitue pour elle un argument pour chercher un colocataire. Mais elle ajoute : "J'ai horreur de la
solitude." Quant à Virginie, qui a connu plusieurs colocataires, elle déclare : "Je n'aime pas trop la solitude, la colocation permet de parler
de sa journée, de se confier. Il est souvent arrivé qu'on ne se couche pas avant 3 heures du matin." Ne pas se retrouver seul en rentrant de cours ou
du boulot est également un argument convaincant. La colocation est aussi l'occasion de rencontrer de nouvelles têtes, de se faire de nouveaux amis et s'ouvrir aux autres.
Bien choisir son colocataire
Partager son appartement peut être un choix mais il arrive qu'une colocation soit le fruit du
hasard. Magali et Caroline étaient dans la même classe de terminale, elles se sont retouvées dans la même prépa en arrivant à Lille. lors des journées portes ouvertes,
elles ont visité une résidence d'étudiants. Caroline a proposé à Magali de partager un appartement, dans l'heure qui suivait un dossier de réservation était rempli.
Aujourd'hui Magali le regrette. "Quand je sortais le soir, elle s'inquiétait beaucoup et ne dormait pas avant que je rentre. Une fois, je l'ai même appelée pour lui
dire que je ne rentrais pas dormir. C'était ça aussi le problème : l'impression qu'on a constamment des comptes à rendre." Virginie, quant à elle, a trouvé ses voisines de
paliers tellement sympathiques qu'elles se sont installées à trois. "Nous étions totalement indépendantes. Le loyer était divisé en trois, les charges aussi. Pour le
téléphone, on a pris une facture détaillée et on faisait les comptes.
Quand je rentrais tard le soir après mon stage, l'une des deux colocataires me préparait à manger. Quand
l'une d'entre nous avait du boulot, on respectait son emploi du temps. Elles ont été mes premières confidentes quand j'ai découvert mon homosexualité." Aujourd'hui elles ont
gardé contact même si la colocation a pris fin quand deux d'entre elles ont quitté la métropole lilloise. Il peut parfois être utile de définir des règles de vie commune, quitte
à les assouplir ou les supprimer avec le temps si la colocation se passe bien.
La colocation n'a pas d'âge
Laure a 29 ans. Elle a vécu en colocation pendant un an à Rouen en 1998 et elle s'apprête à renouveler
l'expérience à Tourcoing. Sa principal motivation : éviter la solitude et pouvoir échanger avec les autres.
Pour trouver son colocataires, elle a passé une petite annonce. Une
vingtaine de personnes a répondu. Parmi eux un homme de 50 ans a postulé. Si la colocation a d'bord attiré les jeunes, elle tend à se développer chez les 34-50 ans. Sébastien, lui,
a 31 ans. Il vit en colocation depuis 13 mois et compte continuer. Cela lui permet de déménager plus facilement et d'avoir peu de meubles car il a la bougeotte.
Audrey Minette
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