Le Vrai-Papier Journal - 1.4.2002

Rech. coloc. pour gd appart.

Pratique courante chez les Anglo-Saxons, la colocation se répand en France. Une façon de réduire le montant du loyer, mais aussi de vivre autrement et de fuir la solitude.

Tu as des amis? Et de l'argent? Un chat? Et des enfants aussi? Quel âge ont-ils? Le chat a-t-il des poils courts ou longs? Moult individus cherchent à partager un logement à Paris : une “coloc”. Il est impossible d'en connaître le nombre exact, car les propriétaires et les agences immobilières françaises refusent d'officialiser le phénomène.

Anne travaille pour Colocation.fr et organise Les Jeudis de la Colocation, au P'tit Garage, un café du XIe à Paris.

Les candidats se connectent au site
www.colocation.fr, inscrivent leur numéro de téléphone et le nombre maximal de colocataires qu'ils pourraient supporter, après avoir certifié être Vierge ou Scorpion. Surprise, il ne s'agit pas que d'étudiants pauvres qui boivent de la tequila dans des verres Albator. Ces futurs colocataires se rencontrent pour décider de vivre ensemble sans se connaître. Certains draguent, c'est sûr, mais ils sont rares. Une façon simple de faire visiter son logement à une Suédoise éperdue. Elles connaissent le plan et l'appellent “le coup du Pont Neuf” (“Si tu ne veux pas, tu peux dormir dehors”). D'autres se rendent le premier jeudi de chaque mois dans un bar du XIe arrondissement de Paris, au P'tit Garage, rue Jean-Pierre Timbaud. Un badge sur le coeur - “Annie”, “Gilou” -, une bière à la main, ils recherchent un(e) coloc. Hormis quelques expériences tendues - “le chat de mon coloc ressemble à un mouton” -, les cohabitations se passent plutôt bien, surtout quand on ne se connait pas. A entendre le créateur du site, Frédéric de Bourguet, également organisateur des Jeudis de la Colocation, il existe quatre générations de cohabitants. L'étudiant, le premier emploi, le bien installé au boulot et le plus de 37 ans. Souvent, ce dernier ne supporte pas ce qu'il appelle “le quotidien avec un amour”, autrement dit la vie de couple. Il ne veut pas non plus vivre dans un tiroir, refuse d'être seul et ajoute parfois : “Et alors, où est le problème?” Parce qu'il lui arrive d'être suspect, au boulot ou au moment de signer le bail... Suspect de vivre avec un(e) inconnu(e) avec qui il ne couche même pas.

Pierre et Saida, colocs sans appart

La danseuse orientale et l'ex-cadre devenu scénariste : pas un poil de désaccord, le courant passe. Reste à trouver l'appartement et un troisième larron...

Annonce trouvée le 10 janvier : “Pierre, 45 ans, scénariste cool, rech. coloc pour prendre grand appart. Bulletin de salaire demandé : 13 000 F.” Saida, 39 ans, a écrit : “Cherche à partager grand espace avec personnes sympathiques. J'aime les plaisirs de la vie avec des zones de silence.” Ils se sont téléphoné. A la fin de l'entretien, lui a osé timidement : “Tu sais, j'avais une gentille chienne qui s'appelait Saida...” Cela a fait rire la dame qui lui a répondu : “C'est exactement ce que je suis, une gentille chienne affectueuse!”
Ils se sont rencontrés chez Pierre dans le XXe arrondissement. Depuis qu'il n'est plus cadre sup dans une centrale nucléaire, Pierre écrit des scénarios, fait ce qu'il veut et pratique la colocation. Il a vécu avec un ami, leur séparation a été dure, surtout au moment où l'ami lui a fait rembourser le balai des chiottes. Pierre préfére “coloquer” avec un inconnu, femme ou homme, c'est égal. Saida, elle, se consacre au démarrage d'une association de danse arabe. Elle ne souhaite pas partager un logement avec un végétarien ou un dragueur, c'est sa seule exigence. Extraits de leur rencontre.
Elle : Je suis en retard, je me suis levée à midi et demi...
Lui : Ah. (Il tripote ses belles moustaches et la fait asseoir.)
Elle : Très chouette ici, pourquoi tu t'en vas?
Lui : Je vais être viré, le bail n'est pas à mon nom. Je n'ai pas de bulletin de salaire, je suis un saltimbanque...
Elle : Moi aussi...
Lui : Ah ! On va avoir besoin de bulletins de salaire.
Elle : Depuis que mon fils est parti, je vis dans une chambre de bonne. Je découvre qu'à Paris on vit dans des endroits petits et nazes. C'est pourquoi ça m'intéresserait qu'on recherche ensemble un véritable espace pour vivre...
Lui : Moi, ce qui m'intéresse, c'est les fiches de paie. Trois mille francs, ça te va pour un loyer? On peut trouver, à trois, un truc super à 9000 F.
Elle : Parfait. Comment tu fonctionnes pour les repas?
Lui : Pot commun et chacun cuisine ce qu'il veut.
Elle : J'ai appris à bien cuisiner quand j'ai vécu des périodes de drapeaux noirs sur la marmite.
Moi : ?
Lui : Cela veut dire qu'on n'a plus de thune... (Regards complices.)
Elle : J'ai réhabilité les maquereaux...
Lui : Les soupes chinoises lyophilisées à 5F!
Elle : Non! J'ai découvert que si tu fais à manger pour dix, ça ne coute pas plus cher. Trois âmes errantes picorant chacun dans leurs piaules, ça fait foyer de jeunes travailleurs, et en plus, nous, on est de vieux!
Lui : J'en reviens aux fiches de paie... (Jean-Luc, son coloc, traverse le salon en patins. Saida se marre.)
Elle : Si je fais sonner mon portable à 2 heures du mat par erreur, que feras-tu?
Lui : Rien. Je suis trop gentil. Tu fumes?
Elle : Quand la nuit tombe, je fume et je bois. (Rire, style Janis Joplin à la fin du dernier couplet de Mercedes Benz.)
Lui : Comment vois-tu Paris?
Elle : Un vampire. Mais il y a des astuces pour y vivre bien. Regarde-nous ! Un jour, pour obtenir un appart, j'ai été obligé de jouer une riche Libanaise dont le mari était en voyage. En tailleur Thierry Mugler, je suis arrivé hystérique à l'agence, expliquant pourquoi je n'avais pas les bulletins de mon soit-disant mari. Je l'ai eu, l'appart.
Lui : On est bien obligé...
Elle : Ben oui, je n'allais pas dire : salut je suis une Arabe sans salaire avec un enfant! Et au fait, pour les amis, comment on ferait?
Lui : Du moment qu'ils ne sont pas chiants, ils sont chez eux, avec joie.
Elle : Tu as des amis?
Lui : Mon véritable ami a disparu, j'ai plein de copains. (Pierre se lève et fait gouter sa ratatouille. Saida adore).
Lui : Tu récites des mantras? Mon ancienne coloc le faisait.
Elle : Ah non.
Lui : Comment tu vois la colocation?
Elle : Surtout pas comme certains qui chuchotent : “Voilà ma roommate”, en voyant passer le fantôme auquel on loue l'ancienne chambre des enfants.
Lui : Pour moi, c'est un choix. Je ne veux pas vivre en couple, la vie quotidienne avec une nana me fait chier. Un coloc, c'est sans enjeu. Bon, au fait, il nous en faut un troisième...
Elle : A trois, on tombe dans le phénomène de la parano critique.
Moi : ?
Lui : C'est à dire que le troisième joue un rôle de régulateur face aux deux autres qui cherchent l'entente. (Ils se regardent, complices.)
Elle : Quand les trois ne se connaissent pas, c'est casse-gueule.
Lui : On peut le prendre à deux, et sous-louer à un troisième.
Elle : C'est jouable...
Le téléphone de Pierre sonne. “C'est pour l'annonce du site de colocation.” C'est un photographe, la trentaine. Coup d'oeil à Saida. “Ok, viens, on va discuter...”

Une drôle de maison nommée Bubineck

Une salle de bains pour huit, ça crée quelques embouteillages, mais on se débrouille dans la bonne humeur.

Ces colocataires, je les ait trouvés sirotant une binouze au P'tit Garage, lors d'un Jeudi de la Colocation. Ils cherchaient d'autres personnes pour vivre dans leur maison aux sept chambres, situé à Pantin et nommée Bubineck. D'ailleurs, hasard absolu, une de leur très ancienne colocatrice était présente. A 45 ans, elle est malheureuse de vivre dans un pavillon de banlieue envahi par les chiens dont sa logeuse s'occupe pour quelques dizaines d'euros par mois.
Bubineck est une maison différente, sans chiens ni enfants, c'est la seule règle. Quand j'ai sonné au portail en bois, je me suis souvenue avoir déjà fait la fête ici, il y a quatre ans. Thierry n'est pas surpris : “Cela arrive souvent.” La moquette des murs est toujours orange, celle du sol est encore marron, et la cheminée dorée. Des gaillards jouent au Ma-jong. Ils trichent sans se disputer. Sept chambres = septs colocs = septs jours de la semaine, soit un festin cuisiné tous les soirs. “Donc, c'est simple. Pour le ménage, on n'a pas encore trouvé de solution fiable, surtout pour ma chambre.” Thierry a 37 ans. Son nom est sur le bail, ainsi que celui de Philippe, 36 ans. Ils “coloquent” depuis qu'ils ont 20 ans et comptent bien continuer. “Pour signer le bail en 1997, se souvient Thierry, je me suis fringué en costard et j'ai fabriqué des fiches de paie, celle d'un directeur quelconque.” Jean-Marc, un militant espérantiste revenant d'un voyage à vélo qui avait duré douze ans, est venu ce jour-là. Thierry poursuit : “On a bu quelques bières pour se donner du courage, je m'en suis renversé une sur la jambe droite. Je sors pisser, un coup de vent et paf! La jambe gauche! J'étais beau. Quand le mec de l'agence nous a prévenus qu'il fallait fumer mollo dans cette maison moquettée, Philippe a jeté sa clope dans le sac à dos de Jean-Marc, qui s'est mis à fumer dangereusement...” Mais le bail est signé, ils recherchent alors des colocataires, des femmes et des hommes en nombre égal, des étrangers aussi, “au moins un à chaque fois...”. Allemands, Espagnols, Danois, Arméniens, Serbes, Chiliens... Ils ont tous signé le livre d'or, un vrai pavé. “On ne se souvient plus vraiment qui habitait ici...” Ce qui est sur, c'est qu'ils ont des adresses un peu partout et qu'ils s'en servent. “Si on ne travaille pas tous, c'est pour ne pas s'engueuler le matin vu qu'il n'y a qu'une salle de bain. De toute façon, jamais je ne me battrais pour une douche.” Thierry jure, main droite levée.
C'est un coloc argentin qui cuisine ce soir. “Qui est végétarien? hurle-t-il. - Personne, c'est quoi la viande? - Y en n'a pas...”
Fabien n'habite plus ici officiellement. En échange de quelques légumes qu'il cultive lui-même, il y dort de temps en temps quand une chambre se libère. Il a une autre coloc. Il voudrait pousser la cohabitation plus loin, jusqu'à l'auto-suffisance, faire pousser des légumes dans un grand jardin, engraisser des poulets. Difficile de l'imaginer les égorger et les plumer. Les autres sont sceptiques aussi et Thierry rappelle qu'il a cessé d'être anarchiste le jour où il a commencer à vivre en colocation. C'est-à-dire depuis toujours. Fabien a déjà vécu en studio, il connait la solitude. “On ne devrait pas avoir honte de la peur d'être seul... La société nous culpabilise. Heureusement que la colocation existe et qu'il n'y a pas que la famille pour vivre ensemble.” Quand Jean-Marc (l'espérantiste) a eu un bébé, il a voulu continuer à vivre dans la maison. Il y a eu une réunion spéciale. Les autres ont décidé que la fumée et le bruit n'étaient pas sains pour un enfant, et Jean-Marc a dû partir. A par ça, pourquoi la maison s'appelle-t-elle Bubinek? “C'est un secret...”, chuchote Thierry.

Umberto, Nicolas et Seiryun habitent au 10e

Nicolas, 5 ans, adore “coloquer” avec sa “darling” coréenne, Seiryun, une femme d'affaires de 29 ans. Umberto, le papa de Nicolas, un brésilien basané, a choisi ce mode de vie par goût plus que par nécessité.

Il a 34 ans, son fils 5 ans et demi, et elle 29 ans. Depuis le 15 décembre 2001, ils “coloquent” dans un trois pièces au 10e étage d'un immeuble moderne du XIIIe arrondissement... Umberto a les cils recourbés, l'accent tournicotant, il est riche et concocte une caipirinha fabuleuse (c'est une boisson brésilienne à base d'eau de vie, de citron vert et de sucre de canne). Il a quitté le Brésil dix ans auparavant pour devenir physicien médical. Il prévient tout de suite : “Je n'ai pas besoin de partager pour payer mon loyer.” Nicolas, son fils, enchaîne drolement : “Papa a trente-cinq darlings!”
Fils de son père, il surnomme Seiryun “my darling”. Seiryun est une femme d'affaires coréenne. Après des études new-yorkaises, elle a tapoté sur Colocation.fr, quand elle est arrivée à Paris. Elle a trouvé l'annonce d'Umberto : “Sagittaire, loue une chambre dans un 4 pièces. De préférence, femme et non-fumeuse. Séjour courte durée possible.” Seiryun, elle, surnomme Umberto “my conseiller”. Nicolas précise : “Conseiller en amoureux...” Les français étant de petits mystères pour Seiryun. Umberto l'éclaire. “Celui-là : oui. Celui-ci : non”. Et Seiryun s'entend-elle bien avec la petite amie d'Umberto? “Avec mes copines? Oui, bien sûr. Chacun respecte l'espace de l'autre.” Et les darlings ne sont pas jalouses? La question est bête, Seiryun regarde Umberto en riant. “Celle-là : yes. Celle-là : no.” Il arrive souvent que les colocataires que l'on ne connaissait pas deviennent des confidents privilégiés. On papote, on se conseille et, un jour, le coloc s'en va comme il était venu. Pas d'enjeux ni de jugements.
Pour Umberto, ce mode de vie date de sa rupture amoureuse. “Quand mon ex m'a quitté, je ne m'imaginais pas vivre seul avec mon fils dans ce grand appart. Faut du temps pour retrouver quelqu'un... Et puis Nicolas adore parler, c'est bien, des nouvelles conversations pour lui.” Nicolas s'offusque, apparemment son père aurait un débit de paroles plus élevé : “Oh! T'es trop bavard, plus que moi!” Umberto reprend : “La colocation c'est une histoire simple pour nous, ça peut être dur d'être seul avec son fils.”
Pour le reste, pas d'embrouilles. “No rules!” clame Seiryun. Une femme de ménage vient souvent, “and Umberto is very domestic, independent.” Seiryun mime la vaiselle. Umberto cuisine également, reçoit, donne de grandes fêtes... La jeune femme adore, découvre la Favela chic et de nouvelles danses. Seiryun se souvient de leur entretien initial : “Umberto m'a posé beaucoup de questions. J'aime le chanteur brésilien Carlos Jobim, alors on s'est bien entendu”. Outre l'échange interculturel, Seiryun jure adorer les matchs de foot à la télé et le chili con carne. Enfin pour répondre à la question que tout le monde se pose : non, ils ne couchent pas ensemble. “Tabou, tabou. C'est comme ça qu'on perd les amis, et les colocataires. On n'est pas une family non plus, on est juste capable de vivre ensemble. That's it.” Seiryun siffle son verre de caipirinha et Nicolas s'affale en riant sur sa darling.

Elodie et Sébastien. Un lit pour deux

Ils vivent ensemble, sortent ensemble, dorment ensemble... mais ils ne couchent pas.

Les parents d'Elodie sont normands et n'adulent pas spécialement Karl Zéro. Ils ont peu de chances de feuilleter le Vrai. Nous pouvons donc l'écrire : Elodie est homo. “Je n'ai pas dit non plus à mes parents que je coloquais, mais ils seraient heureux d'apprendre que je vis avec un garçon.” Et qu'en plus, Elodie partage son lit avec celui-ci, un jeune Bourguignon, hétéro irrécupérable, car ils ne disposent que d'une pièce pour deux ans dans le XIe. Quand j'ai demandé, naïvement et en faisant semblant de le chercher des yeux : “Donc, vous avez un matelas que vous repliez tous les matins?”, Elodie et Sébastien, 23 ans tous les deux, colocataires depuis trois semaines, ont franchement répondu : “Non, on dort dans le même lit.” Ce soir, ils regardent tranquillement la télévision, assis sous un autocollant qui vante la vie de célibataire. Ben tiens... Et qui dansait hier au Pulp en draguant les gonzesses? Elodie sourit : “C'est bien, on a les mêmes centres d'intérêts. Sébastien a eu son succès hier, même plus que moi. C'est vexant, elles sont censées être lesbiennes dans cette boîte.”
Elodie ne regrette pas de vivre avec un hétérosexuel, même si elle avait spécifié à la fin de son annonce sur le site : “Hétéro s'abstenir.” La première nuit, Sébastien était “tendu” à son coté. Poli, il avait proposé de dormir par terre. “Maintenant, il se colle à moi”, affirme la jeune fille. Sébastien, lui, parle du genou d'Elodie qui s'approcherait de près pendant son sommeil. “Menteur!” Bref, ils s'entendent plutôt bien. Elodie a voulu coloquer pour une raison simple : “Des amis venaient chez moi tous les week-ends - d'ailleurs, ils viennent encore - et, le lundi matin, je me disais : “Tiens, me voilà seule pour cinq jours!” Alors, j'ai posé une annonce sur le site Colocation.fr.” Olivier, un jeune gay, lui avait répondu. Sébastien aussi. Elle leur a donné rendez-vous en même temps. “Je me suis dit que ça pouvais le faire à trois, puisque Sébastien et Olivier se sont bien entendus. Alors, on a tous dormi dans mon lit mais dans l'autre sens.” Les pieds dépassaient. Olivier, pour une raison indépendante, a dû partir. “Je suis restée avec Sébastien. Je lui parle beaucoup, comme à un ami, alors que l'on ne se connait que depuis trois semaines.” Sébastien arrivait d'Espagne avec son sac à dos. Il y travaillait et vivait dans un mobil home avec un homme de 50 ans : “Il me prenait pour son fils. Je suis arrivé dans son monde et j'ai tout accepté.” Ici, le savoir vivre est implicite. “Sébastien doit juste être là à 19 heures pour faire couler mon bain. Non, plus sérieusement, je ne voulais pas d'un coloc travaillant la nuit. J'ai besoin de bouiner (vaquer à ses occupations en normand, NDLR) chez moi dans la journée, ce qui n'est pas possible si quelqu'un dort dans l'unique pièce de ce studio.” Passons à la question que tout le monde se pose : comment cela se passe en revenant du Pulp? “On s'arrange...”.

Par Alice Odiot
Photos : Alex Resovaglio - Motorino


  

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