Pratique courante chez les Anglo-Saxons, la colocation se
répand en France. Une façon de réduire le montant du loyer,
mais aussi de vivre autrement et de fuir la solitude.
Tu as des amis? Et de l'argent?
Un chat? Et des enfants aussi? Quel âge ont-ils? Le chat
a-t-il des poils courts ou longs? Moult individus cherchent
à partager un logement à Paris : une “coloc”. Il est impossible
d'en connaître le nombre exact, car les propriétaires et
les agences immobilières françaises refusent d'officialiser
le phénomène.
Anne travaille pour
Colocation.fr et organise Les Jeudis de la Colocation, au
P'tit Garage, un café du XIe à Paris.
Les candidats se connectent au site www.colocation.fr,
inscrivent leur numéro de téléphone et le nombre maximal
de colocataires qu'ils pourraient supporter, après avoir
certifié être Vierge ou Scorpion. Surprise, il ne s'agit
pas que d'étudiants pauvres qui boivent de la tequila dans
des verres Albator. Ces futurs colocataires se rencontrent
pour décider de vivre ensemble sans se connaître. Certains
draguent, c'est sûr, mais ils sont rares. Une façon simple
de faire visiter son logement à une Suédoise éperdue. Elles
connaissent le plan et l'appellent “le coup du Pont Neuf”
(“Si tu ne veux pas, tu peux dormir dehors”). D'autres se
rendent le premier jeudi de chaque mois dans un bar du XIe
arrondissement de Paris, au P'tit Garage, rue Jean-Pierre
Timbaud. Un badge sur le coeur - “Annie”, “Gilou” -, une
bière à la main, ils recherchent un(e) coloc. Hormis quelques
expériences tendues - “le chat de mon coloc ressemble à
un mouton” -, les cohabitations se passent plutôt bien,
surtout quand on ne se connait pas. A entendre le créateur
du site, Frédéric de Bourguet, également organisateur des
Jeudis de la Colocation,
il existe quatre générations de cohabitants. L'étudiant,
le premier emploi, le bien installé au boulot et le plus
de 37 ans. Souvent, ce dernier ne supporte pas ce qu'il
appelle “le quotidien avec un amour”, autrement dit la vie
de couple. Il ne veut pas non plus vivre dans un tiroir,
refuse d'être seul et ajoute parfois : “Et alors, où est
le problème?” Parce qu'il lui arrive d'être suspect, au
boulot ou au moment de signer le bail... Suspect de vivre
avec un(e) inconnu(e) avec qui il ne couche même pas.
Pierre et Saida, colocs
sans appart
La danseuse orientale et l'ex-cadre devenu scénariste :
pas un poil de désaccord, le courant passe. Reste à trouver
l'appartement et un troisième larron...
Annonce trouvée le 10 janvier : “Pierre, 45 ans, scénariste
cool, rech. coloc pour prendre grand appart. Bulletin de
salaire demandé : 13 000 F.” Saida, 39 ans, a écrit : “Cherche
à partager grand espace avec personnes sympathiques. J'aime
les plaisirs de la vie avec des zones de silence.” Ils se
sont téléphoné. A la fin de l'entretien, lui a osé timidement
: “Tu sais, j'avais une gentille chienne qui s'appelait
Saida...” Cela a fait rire la dame qui lui a répondu : “C'est
exactement ce que je suis, une gentille chienne affectueuse!”
Ils se sont rencontrés chez Pierre dans le XXe arrondissement.
Depuis qu'il n'est plus cadre sup dans une centrale nucléaire,
Pierre écrit des scénarios, fait ce qu'il veut et pratique
la colocation. Il a vécu avec un ami, leur séparation a
été dure, surtout au moment où l'ami lui a fait rembourser
le balai des chiottes. Pierre préfére “coloquer” avec un
inconnu, femme ou homme, c'est égal. Saida, elle, se consacre
au démarrage d'une association de danse arabe. Elle ne souhaite
pas partager un logement avec un végétarien ou un dragueur,
c'est sa seule exigence. Extraits de leur rencontre. Elle : Je suis en
retard, je me suis levée à midi et demi... Lui : Ah. (Il tripote
ses belles moustaches et la fait asseoir.) Elle : Très chouette
ici, pourquoi tu t'en vas? Lui : Je vais être
viré, le bail n'est pas à mon nom. Je n'ai pas de bulletin
de salaire, je suis un saltimbanque... Elle : Moi aussi...
Lui : Ah ! On va
avoir besoin de bulletins de salaire. Elle : Depuis que
mon fils est parti, je vis dans une chambre de bonne. Je
découvre qu'à Paris on vit dans des endroits petits et nazes.
C'est pourquoi ça m'intéresserait qu'on recherche ensemble
un véritable espace pour vivre... Lui : Moi, ce qui
m'intéresse, c'est les fiches de paie. Trois mille francs,
ça te va pour un loyer? On peut trouver, à trois, un truc
super à 9000 F. Elle : Parfait. Comment
tu fonctionnes pour les repas? Lui : Pot commun
et chacun cuisine ce qu'il veut. Elle : J'ai appris
à bien cuisiner quand j'ai vécu des périodes de drapeaux
noirs sur la marmite. Moi : ? Lui : Cela veut dire
qu'on n'a plus de thune... (Regards complices.) Elle : J'ai réhabilité
les maquereaux... Lui : Les soupes
chinoises lyophilisées à 5F! Elle : Non! J'ai
découvert que si tu fais à manger pour dix, ça ne coute
pas plus cher. Trois âmes errantes picorant chacun dans
leurs piaules, ça fait foyer de jeunes travailleurs, et
en plus, nous, on est de vieux! Lui : J'en reviens
aux fiches de paie... (Jean-Luc, son coloc, traverse le
salon en patins. Saida se marre.) Elle : Si je fais
sonner mon portable à 2 heures du mat par erreur, que feras-tu?
Lui : Rien. Je suis
trop gentil. Tu fumes? Elle : Quand la nuit
tombe, je fume et je bois. (Rire, style Janis Joplin à la
fin du dernier couplet de Mercedes Benz.) Lui : Comment vois-tu
Paris? Elle : Un vampire.
Mais il y a des astuces pour y vivre bien. Regarde-nous
! Un jour, pour obtenir un appart, j'ai été obligé de jouer
une riche Libanaise dont le mari était en voyage. En tailleur
Thierry Mugler, je suis arrivé hystérique à l'agence, expliquant
pourquoi je n'avais pas les bulletins de mon soit-disant
mari. Je l'ai eu, l'appart. Lui : On est bien
obligé... Elle : Ben oui, je
n'allais pas dire : salut je suis une Arabe sans salaire
avec un enfant! Et au fait, pour les amis, comment on ferait?
Lui : Du moment qu'ils
ne sont pas chiants, ils sont chez eux, avec joie. Elle : Tu as des
amis? Lui : Mon véritable
ami a disparu, j'ai plein de copains. (Pierre se lève et
fait gouter sa ratatouille. Saida adore). Lui : Tu récites
des mantras? Mon ancienne coloc le faisait. Elle : Ah non. Lui : Comment tu
vois la colocation? Elle : Surtout pas
comme certains qui chuchotent : “Voilà ma roommate”, en
voyant passer le fantôme auquel on loue l'ancienne chambre
des enfants. Lui : Pour moi, c'est
un choix. Je ne veux pas vivre en couple, la vie quotidienne
avec une nana me fait chier. Un coloc, c'est sans enjeu.
Bon, au fait, il nous en faut un troisième... Elle : A trois, on
tombe dans le phénomène de la parano critique. Moi : ? Lui : C'est à dire
que le troisième joue un rôle de régulateur face aux deux
autres qui cherchent l'entente. (Ils se regardent, complices.)
Elle : Quand les
trois ne se connaissent pas, c'est casse-gueule. Lui : On peut le
prendre à deux, et sous-louer à un troisième. Elle : C'est jouable...
Le téléphone de Pierre sonne. “C'est pour l'annonce du site
de colocation.” C'est un photographe, la trentaine. Coup
d'oeil à Saida. “Ok, viens, on va discuter...”
Une drôle de maison nommée
Bubineck
Une salle de bains pour huit, ça crée quelques embouteillages,
mais on se débrouille dans la bonne humeur.
Ces colocataires, je les ait trouvés sirotant une binouze
au P'tit Garage, lors d'un Jeudi
de la Colocation. Ils cherchaient d'autres personnes
pour vivre dans leur maison aux sept chambres, situé à Pantin
et nommée Bubineck. D'ailleurs, hasard absolu, une de leur
très ancienne colocatrice était présente. A 45 ans, elle
est malheureuse de vivre dans un pavillon de banlieue envahi
par les chiens dont sa logeuse s'occupe pour quelques dizaines
d'euros par mois.
Bubineck est une maison différente, sans chiens ni enfants,
c'est la seule règle. Quand j'ai sonné au portail en bois,
je me suis souvenue avoir déjà fait la fête ici, il y a
quatre ans. Thierry n'est pas surpris : “Cela arrive souvent.”
La moquette des murs est toujours orange, celle du sol est
encore marron, et la cheminée dorée. Des gaillards jouent
au Ma-jong. Ils trichent sans se disputer. Sept chambres
= septs colocs = septs jours de la semaine, soit un festin
cuisiné tous les soirs. “Donc, c'est simple. Pour le ménage,
on n'a pas encore trouvé de solution fiable, surtout pour
ma chambre.” Thierry a 37 ans. Son nom est sur le bail,
ainsi que celui de Philippe, 36 ans. Ils “coloquent” depuis
qu'ils ont 20 ans et comptent bien continuer. “Pour signer
le bail en 1997, se souvient Thierry, je me suis fringué
en costard et j'ai fabriqué des fiches de paie, celle d'un
directeur quelconque.” Jean-Marc, un militant espérantiste
revenant d'un voyage à vélo qui avait duré douze ans, est
venu ce jour-là. Thierry poursuit : “On a bu quelques bières
pour se donner du courage, je m'en suis renversé une sur
la jambe droite. Je sors pisser, un coup de vent et paf!
La jambe gauche! J'étais beau. Quand le mec de l'agence
nous a prévenus qu'il fallait fumer mollo dans cette maison
moquettée, Philippe a jeté sa clope dans le sac à dos de
Jean-Marc, qui s'est mis à fumer dangereusement...” Mais
le bail est signé, ils recherchent alors des colocataires,
des femmes et des hommes en nombre égal, des étrangers aussi,
“au moins un à chaque fois...”. Allemands, Espagnols, Danois,
Arméniens, Serbes, Chiliens... Ils ont tous signé le livre
d'or, un vrai pavé. “On ne se souvient plus vraiment qui
habitait ici...” Ce qui est sur, c'est qu'ils ont des adresses
un peu partout et qu'ils s'en servent. “Si on ne travaille
pas tous, c'est pour ne pas s'engueuler le matin vu qu'il
n'y a qu'une salle de bain. De toute façon, jamais je ne
me battrais pour une douche.” Thierry jure, main droite
levée.
C'est un coloc argentin qui cuisine ce soir. “Qui est végétarien?
hurle-t-il. - Personne, c'est quoi la viande? - Y en n'a
pas...”
Fabien n'habite plus ici officiellement. En échange de quelques
légumes qu'il cultive lui-même, il y dort de temps en temps
quand une chambre se libère. Il a une autre coloc. Il voudrait
pousser la cohabitation plus loin, jusqu'à l'auto-suffisance,
faire pousser des légumes dans un grand jardin, engraisser
des poulets. Difficile de l'imaginer les égorger et les
plumer. Les autres sont sceptiques aussi et Thierry rappelle
qu'il a cessé d'être anarchiste le jour où il a commencer
à vivre en colocation. C'est-à-dire depuis toujours. Fabien
a déjà vécu en studio, il connait la solitude. “On ne devrait
pas avoir honte de la peur d'être seul... La société nous
culpabilise. Heureusement que la colocation existe et qu'il
n'y a pas que la famille pour vivre ensemble.” Quand Jean-Marc
(l'espérantiste) a eu un bébé, il a voulu continuer à vivre
dans la maison. Il y a eu une réunion spéciale. Les autres
ont décidé que la fumée et le bruit n'étaient pas sains
pour un enfant, et Jean-Marc a dû partir. A par ça, pourquoi
la maison s'appelle-t-elle Bubinek? “C'est un secret...”,
chuchote Thierry.
Umberto, Nicolas et Seiryun
habitent au 10e
Nicolas, 5 ans, adore “coloquer” avec sa “darling” coréenne,
Seiryun, une femme d'affaires de 29 ans. Umberto, le papa
de Nicolas, un brésilien basané, a choisi ce mode de vie
par goût plus que par nécessité.
Il a 34 ans, son fils 5 ans et demi, et elle 29 ans. Depuis
le 15 décembre 2001, ils “coloquent” dans un trois pièces
au 10e étage d'un immeuble moderne du XIIIe arrondissement...
Umberto a les cils recourbés, l'accent tournicotant, il
est riche et concocte une caipirinha fabuleuse (c'est une
boisson brésilienne à base d'eau de vie, de citron vert
et de sucre de canne). Il a quitté le Brésil dix ans auparavant
pour devenir physicien médical. Il prévient tout de suite
: “Je n'ai pas besoin de partager pour payer mon loyer.”
Nicolas, son fils, enchaîne drolement : “Papa a trente-cinq
darlings!”
Fils de son père, il surnomme Seiryun “my darling”. Seiryun
est une femme d'affaires coréenne. Après des études new-yorkaises,
elle a tapoté sur Colocation.fr,
quand elle est arrivée à Paris. Elle a trouvé l'annonce
d'Umberto : “Sagittaire, loue une chambre dans un 4 pièces.
De préférence, femme et non-fumeuse. Séjour courte durée
possible.” Seiryun, elle, surnomme Umberto “my conseiller”.
Nicolas précise : “Conseiller en amoureux...” Les français
étant de petits mystères pour Seiryun. Umberto l'éclaire.
“Celui-là : oui. Celui-ci : non”. Et Seiryun s'entend-elle
bien avec la petite amie d'Umberto? “Avec mes copines? Oui,
bien sûr. Chacun respecte l'espace de l'autre.” Et les darlings
ne sont pas jalouses? La question est bête, Seiryun regarde
Umberto en riant. “Celle-là : yes. Celle-là : no.” Il arrive
souvent que les colocataires que l'on ne connaissait pas
deviennent des confidents privilégiés. On papote, on se
conseille et, un jour, le coloc s'en va comme il était venu.
Pas d'enjeux ni de jugements.
Pour Umberto, ce mode de vie date de sa rupture amoureuse.
“Quand mon ex m'a quitté, je ne m'imaginais pas vivre seul
avec mon fils dans ce grand appart. Faut du temps pour retrouver
quelqu'un... Et puis Nicolas adore parler, c'est bien, des
nouvelles conversations pour lui.” Nicolas s'offusque, apparemment
son père aurait un débit de paroles plus élevé : “Oh! T'es
trop bavard, plus que moi!” Umberto reprend : “La colocation
c'est une histoire simple pour nous, ça peut être dur d'être
seul avec son fils.”
Pour le reste, pas d'embrouilles. “No rules!” clame Seiryun.
Une femme de ménage vient souvent, “and Umberto is very
domestic, independent.” Seiryun mime la vaiselle. Umberto
cuisine également, reçoit, donne de grandes fêtes... La
jeune femme adore, découvre la Favela chic et de nouvelles
danses. Seiryun se souvient de leur entretien initial :
“Umberto m'a posé beaucoup de questions. J'aime le chanteur
brésilien Carlos Jobim, alors on s'est bien entendu”. Outre
l'échange interculturel, Seiryun jure adorer les matchs
de foot à la télé et le chili con carne. Enfin pour répondre
à la question que tout le monde se pose : non, ils ne couchent
pas ensemble. “Tabou, tabou. C'est comme ça qu'on perd les
amis, et les colocataires. On n'est pas une family non plus,
on est juste capable de vivre ensemble. That's it.” Seiryun
siffle son verre de caipirinha et Nicolas s'affale en riant
sur sa darling.
Elodie et Sébastien. Un
lit pour deux
Ils vivent ensemble, sortent ensemble, dorment ensemble...
mais ils ne couchent pas.
Les parents d'Elodie sont normands et n'adulent pas spécialement
Karl Zéro. Ils ont peu de chances de feuilleter le Vrai.
Nous pouvons donc l'écrire : Elodie est homo. “Je n'ai pas
dit non plus à mes parents que je coloquais, mais ils seraient
heureux d'apprendre que je vis avec un garçon.” Et qu'en
plus, Elodie partage son lit avec celui-ci, un jeune Bourguignon,
hétéro irrécupérable, car ils ne disposent que d'une pièce
pour deux ans dans le XIe. Quand j'ai demandé, naïvement
et en faisant semblant de le chercher des yeux : “Donc,
vous avez un matelas que vous repliez tous les matins?”,
Elodie et Sébastien, 23 ans tous les deux, colocataires
depuis trois semaines, ont franchement répondu : “Non, on
dort dans le même lit.” Ce soir, ils regardent tranquillement
la télévision, assis sous un autocollant qui vante la vie
de célibataire. Ben tiens... Et qui dansait hier au Pulp
en draguant les gonzesses? Elodie sourit : “C'est bien,
on a les mêmes centres d'intérêts. Sébastien a eu son succès
hier, même plus que moi. C'est vexant, elles sont censées
être lesbiennes dans cette boîte.”
Elodie ne regrette pas de vivre avec un hétérosexuel, même
si elle avait spécifié à la fin de son annonce sur le site
: “Hétéro s'abstenir.” La première nuit, Sébastien était
“tendu” à son coté. Poli, il avait proposé de dormir par
terre. “Maintenant, il se colle à moi”, affirme la jeune
fille. Sébastien, lui, parle du genou d'Elodie qui s'approcherait
de près pendant son sommeil. “Menteur!” Bref, ils s'entendent
plutôt bien. Elodie a voulu coloquer pour une raison simple
: “Des amis venaient chez moi tous les week-ends - d'ailleurs,
ils viennent encore - et, le lundi matin, je me disais :
“Tiens, me voilà seule pour cinq jours!” Alors, j'ai posé
une annonce sur le site Colocation.fr.”
Olivier, un jeune gay, lui avait répondu. Sébastien aussi.
Elle leur a donné rendez-vous en même temps. “Je me suis
dit que ça pouvais le faire à trois, puisque Sébastien et
Olivier se sont bien entendus. Alors, on a tous dormi dans
mon lit mais dans l'autre sens.” Les pieds dépassaient.
Olivier, pour une raison indépendante, a dû partir. “Je
suis restée avec Sébastien. Je lui parle beaucoup, comme
à un ami, alors que l'on ne se connait que depuis trois
semaines.” Sébastien arrivait d'Espagne avec son sac à dos.
Il y travaillait et vivait dans un mobil home avec un homme
de 50 ans : “Il me prenait pour son fils. Je suis arrivé
dans son monde et j'ai tout accepté.” Ici, le savoir vivre
est implicite. “Sébastien doit juste être là à 19 heures
pour faire couler mon bain. Non, plus sérieusement, je ne
voulais pas d'un coloc travaillant la nuit. J'ai besoin
de bouiner (vaquer à ses occupations en normand, NDLR) chez
moi dans la journée, ce qui n'est pas possible si quelqu'un
dort dans l'unique pièce de ce studio.” Passons à la question
que tout le monde se pose : comment cela se passe en revenant
du Pulp? “On s'arrange...”.
Par Alice Odiot
Photos : Alex Resovaglio - Motorino